Le pavé alcoolique

La soirée s’étire comme une vieille dame fatiguée, longuement et sans heurt. Embrassant d’un regard satisfait la salle vidée, le patron du soir écoute les deux comparses accoudés au comptoir.

_ Allez ! Un petit blanc et j’y vais.
_ Comment ça « un petit blanc » !? Tu viens de finir un rouge.
_ Oui, bin, je perd le foie. Le doute s’installe monsieur et je vire au blanc.
_ Arrête tes grandes phrases. Didier ! Sers lui un rouge ; c’est pour moi.

Figé dans une impassible attente Dider se dit qu’il se fait tard. Une certaine sympathie pour ces deux-là lui fend son visage tanné par le soleil d’un sourire éclatant large comme ça :
_ Alors les amis !? Qu’est-ce que je vous sers ?

Lire la suite →


Lire la suite

L’aboyeur

Ils vont me rendre fou !
Ce n’est pas un peu fini ce tintamarre !
Qu’est-ce qu’ils ont tous à crier comme ça ! C’est juste du football, je n’y ai jamais rien compris mais ça reste quelques gugus qui courent après une baballe.
Mais vont-ils se calmer !?
Ah… enfin !

C’est qu’ils recommencent !
Marre de ce fichu vacarme !
Pas la peine de brailler comme ça. But, but, but, bahbahbah, on a compris. Et l’autre qui nous sort la corne de brume ! On aura tout entendu ! Ca a le don de me hérisser le poil ces machins assourdissants.

Lire la suite →

Lire la suite

Tricolore

« J’irai chercher la République jusqu’au fond des chiottes ! »

Je plagie ici Vladimir Poutine (alors premier ministre de Boris Eltsine) lors de la conférence de presse d’Astana le 24 septembre 1999 :
« Nous poursuivrons les terroristes partout […]. Si on les prend dans les toilettes, eh bien, excusez-moi, on les butera dans les chiottes. »

Ce galet

Ce galet est un peu moi.
Transporté par les hasards des flots, transporté par les hasards de la vie. Passés les tumultes, nous nous déposons là. Oui, là c’est très bien.
Il cherche sa place dans la mer, je cherche ma place dans le cosmos. Une différence fine comme une ligne d’horizon.
La fortune l’a installé dans ma main. Comme je m’observe dans le miroir, je l’observe.

Le galet, c’est un peu le caillou de la mer, un morceau de la Terre dans les eaux.
Pour ma part, ma mère vient de la mer, et mon père vient de la terre. Encore une similitude entre ce galet et moi.

Lire la suite →

Lire la suite

La vie, la guimbarde et le lapin

Parfois, je perçois la vie comme une guimbarde.

Avec le temps, je la trouve confortable, j’y prends mes aises.
Tout ne fonctionne pas comme attendu, mais je m’y fais. j’y acquiers quelques automatismes rassurants. Même s’il m’arrive encore de pester que mince ce n’est pas possible ! ça ne fonctionne jamais comme on s’y attend…

Et puis un jour ma guimbarde de vie est poussive. Et au carrefour alors que je cherche ma route : quelques hocquets. Elle ne redémarre plus. Je me retrouve en rade comme un con sans savoir quoi faire. Je suis là coincé dans ma guimbarde encalminée alors que les autres bolides déboulent vers leur avenir. Ils savent où ils vont et foncent.

Lire la suite →

Lire la suite

La quiche !

– … Et là elle sort son smartphone et elle prend son assiette en photo. Tu te rends compte ? On est où là !? C’est quoi l’intérêt de prendre cette photo ? Toi qui fait de la photo qu’est-ce que tu en penses ?

– J’en pense que ce n’est pas évident de photographier de la nourriture pour que ça reste appétissant et que ça fasse une jolie composition. Justement l’autre jour, j’ai fait une quiche…

Lire la suite →

Lire la suite

Je t’aime Papa

Fils face à la mer

Petite flamme vacillante entre la terre, la mer et le ciel.

Papa était fils de paysans, ces sculpteurs de paysages, façonnant nos bocages, nos plaines, nos vertes collines. Papa avait sublimé cela en passion de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, et de l’écologie. Il en a fait son sacerdoce, apportant sa pierre à l’édifice humain.

Papa avait cet attachement profond à la campagne, à la terre.
La terre est le solide, la rectitude -dans les sillons-, le cadre -des prés-, la patience -imposée par la nature-, c’est le concret. Et Papa était tout cela à la fois, le solide, la rectitude, le cadre, la patience et le concret.

Papa avait cette sagesse de barbu dans la recherche permanente de l’instruction. Toujours à étudier un élément sociétal ou à compulser des documents techniques.
Il avait cette force du bûcheron, magnifiée en force de la détermination et de l’engagement.
Il avait cet amour de la beauté du geste, les choses bien faites, parfaitement finies, peaufinées.

Pour offrir un autre éclairage, j’associerais Papa symboliquement à la Semeuse de nos pièces.
Au revers de nos francs étaient les lauriers, à l’opposé des attentes de Papa, tout le contraire de ses aspirations.
A l’avers figure la Semeuse, symbole de la République, du travail, de la terre, des graines plantées pour l’avenir.
Cette Semeuse maintenant européenne est la quintessence des symboles et valeurs chers à Papa.

Cette conviction en la République, cette glorification du travail, cette préoccupation des générations futures, ont été pour lui les moteurs infatigables de son inlassable effort de transmission auprès de ces 3 enfants. Un apprentissage dont la clef de voûte pourrait se résumer par le trio :
Bien penser, bien dire, bien faire.

Et il a bien oeuvré, nous sommes tous les trois, tout autant exigeants, travaillant constament à notre amélioration.
Aujourd’hui nous sommes bien outillés, préparés pour l’avenir.

Je t’aime Papa.

Discours prononcé le samedi 3 mars 2018 au crématorium de Caen

En quoi le revenu universel nous interroge-t-il sur notre relation au travail ?

D’emblée, je me permets de préciser que je fais la distinction entre le travail et l’emploi, entre le revenu, la rétribution et le salaire. Et j’ouvrirai des petites parenthèses pour des mises en relief.

Cet article s’articulera en 3 parties pour aborder la notion de travail, emploi, rétribution puis celle de revenu, en particulier universel, pour enfin s’intéresser à la question qui nous est posée. Ce sommaire de prétentieux compense la précipitation de la rédaction entre énumération et style télégraphique.

Lire la suite

Quels principes devrait adopter une taxe sur les robots pour assurer son équité ?

Enfant, je lisais tous ces magazines projetant l’an 2000 comme un monde de robots et d’automatisation. Un monde où l’on claque des mains pour allumer la lumière. Un monde où l’on interpelle un ordinateur pour qu’il nous annonce la météo ou la dernière découverte. Un monde où la vision-conférence est utilisée par les familles éloignées. Un monde où on lit sa correspondance sur sa montre. Un monde où les voitures n’ont plus de conducteur et volent entre les gratte-ciels.
Aujourd’hui, si le vol domestique n’est que balbutiant [1], tout le reste est déjà notre actualité. Et même si cela fait presque 40 ans que l’on projette ce monde-là, beaucoup semblent surpris qu’il en soit de nos jours ainsi.

Et certains politiques de brandir l’invasion des robots tueurs d’emplois. De constater que notre fiscalité est démunie lorsqu’un travail salarié est remplacé par un robot. Certains dont Bill Gates, lancent l’idée d’une taxe sur les robots. L’idée de remplir les caisses voire de palier le manque d’emplois par une telle taxe pourrait paraître comme une bonne adaptation.
Néanmoins on pourrait craindre qu’elle accélère la délocalisation des dernières chaînes de montage, que nos serveurs informatiques soient un peu plus dans le cloud, et beaucoup moins en France, voire qu’elle provoque le déménagement des secteurs innovants et des nouvelles technologies, vers des fiscalités plus clémentes.

Pour éviter une telle fuite, un des facteurs est l’équité. Si une taxe ou un impôt semble juste et équitable, il est toléré, accepté voire réclamé (« il ne faut pas exagérer » me dit-on dans l’oreillette droite). C’est pourquoi je me pose la question : Quels principes devrait adopter une taxe sur les robots pour assurer son équité ?

Lire la suite →

Lire la suite