Logiciel libre modèle du nouveau travail

C’est à l’INA que j’ai compris ce qu’était vraiment le travail, et comme ce qui reste à venir, et dans un nouveau monde industriel à venir. J’y ai collaboré avec des ingénieurs et développeurs qui travaillaient en logiciel libre, et j’ai découvert là une conception du travail tout à fait différente de ce qu’on enseignait dans les écoles, et à mes yeux proprement révolutionnaire – c’est-à-dire faisant apparaître comme caduque et donc révolue la conception dominante. Je n’ai pas été convaincu immédiatement : il m’a fallu quelques mois et quelques voyages, notamment à Berlin, pour forger ma conviction que le logiciel libre correspondait à un modèle économique non seulement viable, non seulement durable, mais extraordinairement gratifiant pour ceux qui le pratiquaient et qui, bien qu’il s’agisse d’un travail industriel, et parce qu’il est fondé par le développement et le partage des responsabilités et des capacités, ne conduisait pas à la prolétarisation, mais tout au contraire, installait la déprolétarisation au coeur d’une nouvelle logique économique fondée sur la valorisation et le partage des savoirs.

Lire la suite…

L’emploi est mort, vive le travail ! Bernard Steigler, entretien avec Ariel Kyrou. Mille et une nuits

Lire la suite

Etonnante laïcité

La laïcité n’est pas une doctrine, encore moins une théorie à la façon du marxisme ou du darwinisme. Elle n’est pas une philosophie comme le rationalisme ou le positivisme. Elle n’a pas pour vocation de mobiliser les foules ou d’interpréter le monde, afin de le rendre meilleur. Elle n’est pas à proprement parler une sagesse, même si sa pratique façonne une société plus juste, plus apaisée et des individus plus tolérants. (…)

La laïcité n’est pas synonyme d’anticléricalisme, même si les circonstances où elle est née ont pu prêter à cette confusion. Elle ne forme pas un couple avec la religion, dont elle n’est ni l’envers, ni le contraire, ni un substitut, ni l’alternative. Elle ne se situe pas sur le même plan. Elle est d’une autre nature, même si elle a à voir avec les cultes, les croyances, l’agnosticisme et l’athéisme, dont elle assure la libre expression. Elle n’est évidemment pas un frein ou un obstacle à la liberté religieuse, puisqu’elle garantit à tout citoyen la liberté de conscience, qui en est la forme la plus achevée.
(…)
Elle est essentiellement un principe juridique et politique d’organisation des institutions, le premier et le seul qui permette à chaque citoyen le plein exercice de sa liberté de conscience. Bifurcation majeure dans l’histoire de l’humanité. (…)

Mais la laïcité est plus encore. Elle est une attitude d’esprit et une règle de comportement en société. Elle est une façon d’aborder la connaissance, la science, l’instruction des enfants, sans préjugé ni dogme, avec l’esprit critique comme seul guide. Héritière de la Réforme, de Descartes, des Lumières et du positivisme, elle est fille de la IIIe République, d’Anatole France et d’Alain. En outre, elle entretient un rapport singulier avec la morale qu’elle veut circonscrite à l’humain, (…). Une morale collective, civique, qui n’exclut pas le recours à d’autres sources d’inspiration, religieuse ou philosophique, à condition qu’elles n’entrent pas en contradiction avec les valeurs fondamentales de la République, par exemple l’égalité des sexes. Une morale recentrée sur le bien, ici-bas, dans ce monde, mais qui respecte les croyances dans un au-delà, les rites et coutumes des diverses confessions ou Eglises. Une morale qui ne se préoccupe pas d’enseigner le salut, mais qui n’élude pas les questions de métaphysique et de transcendance. La laïcité, c’est la Raison se défiant d’elle-même. C’est l’éthique dans ce qu’elle a d’universel. C’est peu et c’est beaucoup.

Etonnante laïcité, si méconnue, si pleine de promesses, si jeune encore, un siècle à peine… Elle a survécu à toutes les caricatures, et elles sont féroces. Elle semble échapper des mots usuels et des formules toutes faites : principes, conceptions, valeurs, règles de conduite, mode d’organisation des pouvoirs. Elle est tout cela à la fois. Mais aussi une culture, une façon d’être à soi et aux autres, un projet de vie.

Extraits de « Du principe de laïcité » de Gérard Delfau

Merci Caroline

Lendemain de grand soir. La mine tirée par l’émotion, les cernes noires charbon. Une journée qu’on ne peut rayer d’un trait. Après l’ivresse, la gueule de bois avec une pointe de je-ne-sais-quoi. C’était tendre hier et c’est dur aujourd’hui.
Un des marqueurs de la République a été blessé, une de nos règles a été violée. Des évènements que rien ne pourra gommer. Et pourtant, après l’effroi et l’euphorie, l’effet porte peu. Ou prou.

Ce matin s’ouvre sur ce vide. Ces gerbes et ce vide. Ce silence et ce vide.
Et soudain s’élève la voix de Caroline Fourest…

 

 

Mémorial improvisé dès les premières heures devant les locaux de Charlie Hebdo.

Mémorial improvisé dès les premières heures devant les locaux de Charlie Hebdo au lendemain de la manifestation nationale, mondiale.

L’amer domaine .io

Spoliation, déportation et intérêts américains seront la conclusion de ce court article, triste partition commençant sur un air geek.
De nombreux sites sont sous le domaine .io, et comme le relève wikipédia, il est populaire pour de nombreuses start-ups car c’est le sigle du fameux Input/Ouput. Mais derrière cette histoire du net se cache une ignoble page d’histoire !

Une rapide recherche nous révèle que ce domaine est le domaine national du Territoire britannique de l’océan Indien. Dans un premier élan, on découvre une histoire coloniale somme toute classique. Néanmoins, en creusant un peu plus, on découvre l’ignominie.

Certes l’histoire du Territoire britannique est policée, mais l’histoire de l’archipel en question l’est beaucoup moins ! L’archipel des Chagos, tel est son nom, a été vidé de ses habitants pour pouvoir installer une base militaire américaine, plantée tel un porte-avion géant en plein milieu de l’océan indien !

L‘article wikipédia est peu ou prou une traduction du World Factbook de la CIA :

Entre le 17 juillet 1966 et 1973, les Chagossiens, les habitants autochtones de l’archipel, sont intégralement déportés vers Maurice et les Seychelles.
Cette déportation est motivée par la construction d’une base militaire britannique et ouverte aux Américains. Autorisée le 30 décembre 1966, la base est ouverte le 1er octobre 1977 après le rachat de toutes les terres le 3 avril 19672.
C’est dans ce contexte que les Chagossiens se lancent à partir de 1998 dans une série de recours en justice à l’encontre du gouvernement britannique.
Finalement, les Chagossiens sont déboutés le 22 octobre 2008 lorsque la chambre des Lords, le dernier recours en appel dans le système judiciaire britannique, entérine la situation et ne laisse aucune possibilité de retour pour les Chagossiens.

Sources :
https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/io.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Archipel_des_Chagos
rendez-vous avec X – Les Chagos ou les oubliés de la guerre froide

Jean-Louis Debré recadre Nicolas Sarkozy

Le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, est sorti de sa réserve pour corriger les propos de Nicolas Sarkozy tenus lors de son interview sur TF1 et Europe1 à l’issue de sa garde à vue.

Cette intervention de Jean-Louis Debré était sur Europe 1 dans l’émission Mediapolis du 5 Juillet 2014. Emission que je conseille en général et cet opus en particulier. Et, si vous pouvez trouver l’article du Lab d’Europe1, j’en retranscris ici de longs passages.

« Quand des responsables politiques commencent, à droite ou à gauche, à s’en prendre aux juges, c’est un des fondements du vivre ensemble, de la République qui est atteint.
On peut contester ce qui vous est reproché, on ne conteste pas les fondements de la justice parce qu’à ce moment-là on conteste la République. » – Jean-Louis Debré

Lire la suite

Syrie m’était contée

Comprendre le conflit syrien au travers du journanisme français est une gageure ! L’analyse faite est une somme d’approximations et de simplifications laborieuses semant un trouble malheureusement erroné. Pourtant, malgré un grand nombre d’acteurs, la situation n’est pas si complexe quand on s’y intéresse réellement

Je prends donc ici le temps de présenter simplement ce conflit en corrigeant les inepties véhiculées. Les deux points essentiels sont les acteurs majeurs et les racines du conflit.
Nous verrons que les deux grands acteurs ne sont pas la Russie et les Etats Unis, et que ce rôle incombe à l’Iran et l’Arabie Saoudite. De même nous verrons que si les printemps arabes sont bien l’étincelle mettant le feu aux poudres de la protestation, ils ne sont pas les racines de ce conflit qu’il faut aller chercher dans le bouleversement irakien.

Lire la suite →

Syrie
Lire la suite

Camerone

L’industrialisation et l’automatisation ont pour objectif de supprimer ces petites mains qu’on a coutume d’appeler une armée de mexicains.

Et en ce jour, je me permets d’honorer la mémoire du Capitaine Danjou, du sous-lieutenant Maudet, porte-drapeau, le sous-lieutenant Jean Vilain, payeur et de leurs hommes de la 3e compagnie du régiment étranger. Ces 62 légionnaires ont tenus tête à 2000 mexicains, clairsemant leur rang de 500 victimes, se battant jusqu’à la dernière cartouche, jusqu’à la charge à la baïonnette.

Ce fut à Camerone. Ce fut le 30 avril 1863. Commémoration.

Lapin blanc

A l’instar du personnage de Lewis Carroll, le fameux lapin blanc consultant frénétiquement sa montre à gousset, je suis en retard. En retard, en retard.

Mon actualité est surchargée et la rédaction de l’article hebdomadaire n’est pas achevée. La publication sera effectuée dès que.

« Oh dear! Oh dear! I shall be too late! » – White Rabbit