Si j’étais ministre de l’Education Nationale

Lors de la matinale de France Culture avec Vincent Peillon, la question du manque d’enthousiasme pour la profession de professeur a été abordée. Et sauf erreur de ma part, un des aspects a été absent de l’émission : Le système de formation et de recrutement.

Pour devenir professeur, il faut être diplômé d’un Bac+5. Soit, mais le point d’achoppement est une évidence en prenant cette assertion a contrario : quelle profession peut-on exercer avec un Bac+5 ? Qui va choisir enseignant, une profession dont les journaux évoquent les coups de couteau, les voitures incendiées, les dépressions, et les suicides plus que la réussite ?

Si certains ont fait leur choix bien tôt dans leur parcours universitaires, ils sont nombreux à faire ce choix par défaut. On est bien souvent dans le cas d’études fort passionnantes mais qui offrent des débouchées difficiles d’accès, où les places sont chères comme l’on dit. Toutes les branches dites fondamentales par exemple, sont fort peu prisées par les employeurs. Il n’est pas rare avouons-le de rencontrer des jeunes gens qui ne savent que faire avec leur BAC+3, et qui enchaine avec un « je n’ai pas le choix, je vais faire prof’ ». Il ne faut pas se leurrer pour certains étudiants, le professorat est une échappatoire. Au risque de me répéter ce n’est pas l’ensemble, mais c’est un effectif non négligeable.

Pour un professeur des écoles, à ces diplômes s’ajoutent un certificat de langues de niveau B2 (Niveau dit Avancé – compréhension courante et capacité à converser ; émettre un avis, soutenir systématiquement une argumentation) et un certificat de compétence en informatique et internet. Soit, mais Il faut tout de même avoir sacrément la foi ou une abnégation pour avec de tels diplômes en poche enseigner en primaire !
Je vais caricaturer non pour dénigrer cette profession mais pour mettre en relief l’absurdité du recrutement : Recherche BAC+5, avec certificat de langues et de compétence informatique pour donner cours de pâte à modeler.

Un peu de sérieux monsieur le ministre ! Tout ce barda de diplômes est-il nécessaire !? N’est-ce pas la pédagogie et l’envie d’enseigner qui devrait primer ? Dans les années 70, avec un BAC+0 on pouvait être instituteur, l’enseignement a-t-il été si médiocre durant les années suivantes ? Je pense que bien au contraire, cette génération d’enseignants avait un enthousiasme à l’heure actuelle perdue.
On n’est pas tous disposés à être pédagogues, ou à poursuivre des études longues. Et l’un et l’autre ne sont pas liés. Cette sélection parait inadaptée.

Si j’étais ministre de l’Education Nationale, je reprendrais l’idée d’une école de formation des enseignants dont l’entrée serait à la sortie du Baccalauréat, je proposerais de graduer le niveau requis et de prendre la pédagogie comme base.

Une entrée très tôt dans le parcours individuel à l’instar des écoles de soins infirmiers, pour capter les motivés, et éviter les désoeuvrés (défaut du parcours actuel commençant après 3 ans de faculté). Cette entrée tôt mais responsable, sera de facto accessible à des personnes qui n’auraient peut-être pas pu assumer 3 années d’études universitaires pointues.

Cette école serait pleinement orientée sur la pédagogie et l’apprentissage de la gestion d’une classe d’enfants.
Un premier parcours permettrait d’obtenir un diplôme après la deuxième et la troisième année, respectivement un certificat d’aptitude à enseigner en maternelle et en primaire.
Le parcours pourrait se poursuivre avec une spécialisation sur deux ans dans une matière pour les professeurs du secondaire et sur le socle pédagogique acquis dans les trois premières années s’ajouterait la formation sur les relations avec des adolescents.

Si j’étais ministre de l’Education Nationale, je créerais une école de formation des enseignants dont la colonne vertébrale serait la pédagogie et qui formerait en Bac+2 les enseignants de maternelle, Bac+3 les enseignants de primaire, et Bac+5 pour le secondaire.

Une réflexion au sujet de « Si j’étais ministre de l’Education Nationale »

  1. Si tu choisis science de l’éducation en sortant du Bac c’est un peu une formation post-bac, au niveau théorique du moins! car pour la pratique c’est encore autre chose…et je pense qu’il est là le gros problème du système éducatif en France!
    J’ai un BAC+5 dit Master pro, j’ai fait sur 5 ans d’études 4 mois de stage!!!!!!!!!!!! en clair, pas d’expérience, filières bouchées, on nous fabrique donc des personnes cultivées et frustrées qui sont parfois obligées de passer des concours de catégorie B voir C (pourquoi? ex dans la police, officier de police 30 postes pour 5000 postulants, pour le catégorie B gardien de le paix ce n’est pourtant pas mieux, 300 postes pour 10 000 postulants…).
    Enfin bref, si j’étais Ministre de l’éducation, je ferai tout pour ne pas garder grand chose du système actuel (qui pour moi est vecteur de frustration, stress, punitif, et qui casse les ambitieux en nous forçant à se conformer au « mille-feuilles » administratif, en ayant peur des prises de risques… déjà en maternel, on ne part pas de l’enfant pour le faire progresser, mais d’un programme! si l’enfant ne se conforme pas à celui ci, il en sera exclu!!! ) …

    PS: nous sommes quasi d’accord sur le sujet, après j’ai peur qu’avec des « études courtes », la filière devienne bouchée car il y a énormément de lycéens qui sortent bac en main (faudrait-il réhausser le niveau du bac?)

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